Goodbye Comfort Zone est la première expérience de jeu, 100% en immersion réelle, pour se dépasser et débloquer son plein potentiel humain.

104 rue Nationale, 59800 Lille, France. 2016 - Aujourd'hui
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La fois où j’ai traversé le périph et fait du covoiturage en pleine nuit

Quand Hanine m’a proposé de vous conter ici une de mes expériences de sortie de zone de confort, j’étais d’abord flattée. Ravie ensuite. Et c’était l’occasion d’affûter ma plume auprès des ses lecteurs, sur son site tellement inspirant.

Et là… on accueille chaleureusement la pression ! Je ventile et arrive presque à me convaincre de ne pas être à la hauteur. Depuis j’ai réfléchi. Et j’ai retrouvé ma sérénité. Sortir de sa zone de confort, ça veut dire quoi ?

Je dois reconnaître que je suis plus téméraire que je ne le pense au quotidien et c’est de nombreuses fois que j’ai pu sortir des sentiers battus pour tester ou changer de vie. Grâce à de nombreuses ruptures (oui, “grâce” et oui “nombreuses”), j’ai dû quitter une région ou un quartier, trouver un logement et parfois même changer de boulot en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire.

Puis il y a eu l’époque où j’ai dû affronter pour la première fois une salle, une foule et une scène pour faire la chanteuse de swing. Ça aurait dû être l’angoisse, ce fut tout bonnement génial et vivant ! Et ça reste les plus belles années de ma vie professionnelle. Il y a eu la fois où j’ai dû parler anglais pour la première fois à un vendeur pas commode à Tokyo. Ou quand j’ai goûté de la pieuvre en Grèce, en fermant les yeux comme pour retarder le moment.

Bref. Sortir de ma zone de confort, ça me connaît.

Et j’entretiens l’exercice aussi souvent que possible. Le dernier en date remonte à une quinzaine de jours. Quand la France brillait et commencer à se dévêtir. (et avant l’histoire du Burkini donc)

Le matin du Vendredi, veille de weekend de trois jours pour le 15 Août, l’envie me prend de quitter Paris pour rendre visite à mes parents en Gironde. Or, nous sommes Vendredi, “veille de” donc. Inutile de vous dire que la SNCF ne fait pas de traitement de faveur pour les étourdies comme moi. Je teste mille combinaisons pour trouver un aller-retour décent. J’échoue lamentablement.

Je me tourne (c’est une image, j’ouvre une nouvelle fenêtre du navigateur) vers les bus. Chouette il y en a plein ! Moins chouette, ils sont tous plein.

Je rumine et commence à faire la moue. J’excelle dans ce sport. Car il ne sera pas dit que je ne trouverai pas la solution. C’est bien mal me connaître, Vie. Alors essaie autre chose. Et là, l’illumination : Blablacar !

Bim, je me connecte sur le site de covoiturage et commence à chercher des chauffeurs, avec une tête sympa, de bons commentaire, des horaires qui me conviennent et des points de rendez-vous qui tiennent la route.

Il y a foule par ici mais j’élimine assez rapidement les doutes. Enfin je trouve un chauffeur. Il a une tête de tueur. Mais il indique voyager avec son amoureuse. Du coup, ça décrédibilise nettement le tueur à gage. Et il part en soirée, ce qui m’arrange : J’ai besoin d’arriver très tôt à la gare de Bordeaux pour prendre un train dès potron-minet pour arriver avant mon père au marché de notre bled.

Je demande innocemment au tueur – pardon, conducteur – s’il compte me kidnapper pour me découper dans une forêt de province, apparemment pas. Par contre apparemment il manque d’humour. Pas de problème, j’ai déjà accepté de sortir de ma zone de confort en confiant ma précieuse vie à un fou du volant, si ça implique de passer 6h sans se marrer, je ne suis plus à ça près.

Et là, je me retrouve bousculer dans mon petit confort car il me demande – pour plus d’efficacité et pour pouvoir partir vite – de les retrouver à Massy. Il est donc convenu que je dois savoir sans ciller où se trouve Massy. Ne me regardez pas comme ça, la seule fois où j’ai vu ce nom c’est quand mon TGV s’y arrêtait. Pour moi Massy c’est un tunnel mal éclairé. Et ce n’est pas engageant. Mais qu’importe, je me suis engagée. Même pas peur. Massy, me voilà !

Je pars à 22h30 de ma proche banlieue bourgeoise (je sais reconnaître mes défauts) et me prépare donc psychologiquement à prendre le RER. Ça m’arrive une fois tous les trois ans, c’est toujours une aventure.

Denfert m’accueille, et le quai bondé avec elle. Mais d’où sortent ces gens ? Et pourquoi prennent-ils le train si tard ? J’ai ma réponse au fil du trajet : ils vivent là. 23h45, je suis au rendez-vous. Quelque peu rassérénée et avec un tout autre point de vue sur les banlieusards. Finalement, ils sont comme moi. Ils habitent juste un peu plus loin dans le gris.

Je suis en avance. Et déjà en train de sympathiser avec ce conducteur (qui n’a rien d’un tueur) et sa copine, belle comme le jour, même en pleine nuit. Un petit couple d’étudiants, sages et posés, qui vont me déposer Gare St Jean à 6h30 exactement (faut dire qu’Alain Prost a mis toutes les chances de mon côté en roulant sur la voie de gauche) et me permettre de dérouler mon plan comme la professionnelle en surprises que je suis.

A 9h10, je serai en train de surprendre mon paternel, par-dessus son épaule, au marché du village. Mission accomplie.

Et concernant Blablacar, ils n’ont pas fini d’entendre parler de moi ! La SNCF m’a donc fait préférer… la voiture ! Eux – c’est sûr – ne manquent pas d’humour.

En résumé, je me suis surpassée. Et je ne suis pas sortie une fois mais deux fois de ma précieuse zone de confort. (Oui, je considère que prendre le RER en pleine nuit relève d’un courage sans borne). Mais faire du covoiturage, de nuit, avec de parfaits inconnus…. relevait de l’inconscience en ce début de Vendredi ! Acheter une place dans une voiture avec des gens que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam (deux énergumènes que je connais fichtrement mal aussi), m’imposer de suivre cette décision par l’achat en ligne et accepter les conditions épiques. Pour moi, c’était une toute nouvelle aventure qui s’offrait à moi. Une vraie appréhension mais aussi une excitation. J’allais faire quelque chose que je n’avais jamais fait !

Je n’étais pas ravie de me rendre à Massy, je n’avais pas la moindre idée du comportement du conducteur (je rappelle pour les néophytes que j’ai délibérément refuser de passer mon permis après mes 20 heures de conduite et que par conséquent je suis une passagère anxieuse, qui surveille le compteur comme le lait sur le feu. (là encore, les néophytes : je suis une piètre cuisinière)). En bref : j’allais courir un risque mais j’y allais vaillamment. Pour aller au bout de mon projet fou de surprendre mes parents. Pour vivre une nouvelle expérience. Pour la beauté du geste finalement.

J’ai accepté le jeu, j’ai joué, et clairement j’ai gagné plusieurs points de confiance en moi. Et une envie irrésistible de sillonner la France en voiture, avec des inconnus, lors de prochains week-end improvisés !

Commentaires
  • Répondre
    Betty
    10 septembre 2016

    Quelle plume ,continue sur ta lancée ,ne t’arrête …….JAMAIS

    • Répondre
      Hanine
      10 septembre 2016

      Complètement d’accord avec toi Betty ! 🙂

  • Répondre
    Linoulette
    11 septembre 2016

    J’ai adoré te lire! Et quelle belle surprise pour tes parents…

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    Fanny
    11 septembre 2016

    Merci, merci… vous allez me faire rougir 😉 Et oui je crois avoir pas mal réussi mon petit effet de surprise ^^ Ça aura été une expérience ultra positive à tous les niveaux. Vaincre mes appréhensions et autres pensées limitantes et avoir le bonheur de rendre heureux mes parents en débarquant comme ça 🙂

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    Jacky
    14 septembre 2016

    Quel talent ! On a l’impression de commencer un bon bouquin, et on a hâte d’en savoir plus… Bien qu’étant la “victime” du marché du bled, j’affirme que ce commentaire se veut très objectif!!!

    • Répondre
      Hanine
      17 septembre 2016

      Vous pouvez être fier de votre fille Monsieur, elle a un vrai talent ! 🙂

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